Le mouvement des Amoureux au ban public
Le mouvement des Amoureux au ban public a été lancé en 2007 avec l’impulsion de La Cimade et se reconnaît dans ses valeurs : l’accueil inconditionnel.


2007 : Nicolas Ferran est juriste et travaille à La Cimade à Montpellier. Il s’aperçoit que de plus en plus de couples franco-étrangers se présentent lors des permanences juridiques car ils font face à de nombreux problèmes d’ordre administratif et juridique. Il leur propose de se rencontrer et d’échanger sur leurs situations respectives… Le joli nom des Amoureux au ban public est fabriqué avec Jean-Paul Nunez, délégué régional de La Cimade à l’époque. Notre logotype est créé dans la foulée par Genaro Lopez, dans un esprit de libre de diffusion. Très vite, les couples décident de se mobiliser pour la défense de leurs droits à la vie privée et familiale. Le premier collectif est né ! Dans la foulée, Nicolas voyage un peu partout en France et rencontre des couples et des associations. D’autres collectifs voient le jour : Alès, Béziers, Clermont-Ferrand, Dijon, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Nîmes, Paris, Quimper, Rouen, Saint-Brieuc, Saône-et-Loire, Toulouse, Tours… ils seront une trentaine un an après.
19 avril 2008 : Les collectifs se réunissent en États généraux et adoptent la déclaration universelle des droits des couples mixtes. De nombreuses actions de sensibilisation s’organisent : lancement de pétitions, actions collectives pour débloquer des dossiers, pièce de théâtre, réalisation d’un clip et sortie d’un CD musical, sortie d’un documentaire vidéo, etc.
Avril 2009 : La Cimade ne participe plus au financement et à la gestion administrative de la coordination nationale. Le mouvement s’autonomise, trouve des financements, continue d’impulser des actions à même de maintenir une dynamique collective. À cet effet, l’Association de soutien aux Amoureux au ban public est créée en mars 2010 pour permettre au mouvement de se doter d’une structure qui défend les intérêts collectifs des couples binationaux à l’échelle nationale en s’appuyant sur la coordination nationale. Elle veille à maintenir la représentation des couples binationaux au sein du mouvement, pour favoriser l’entraide et permettre de porter haut et fort la parole et les mobilisations des couples binationaux. Son action s’appuie sur trois axes : accueil des couples binationaux, actions de sensibilisation et plaidoyers.
Décembre 2016 : Les deuxièmes États Généraux rassemblent les collectifs et associations locales qui composent le mouvement. Ils sont l’occasion de faire le point sur dix années d’existence et de se tourner vers les dix années à venir : au-delà de la défense des droits des couples binationaux, les Amoureux au ban public ont la volonté de prendre la parole pour parler de mixité et de diversité culturelle.
2018 : Face aux difficultés croissantes pour renouveler le financement des postes salariés, l’Association de soutien aux Amoureux au ban public se voit contrainte de mettre fin aux emplois de la coordination nationale. Désormais, le mouvement repose désormais uniquement sur l’action bénévole de ses membres.
2020 : Le mouvement compte les collectifs d’Albi, Marseille, Paris/Ile-de-France, Strasbourg, les associations locales de Bretagne, Lyon et Montpellier, ainsi que des correspondant·es. La crise sanitaire liée à la covid 19 et sa gestion, pays par pays, qui impose la fermeture des frontières frappe durement les couples binationaux et familles binationales. Le hashtag #LoveIsNotTourism est lancé par des couples qui n’en peuvent plus de ne pas pouvoir se rapprocher géographiquement. Ces couples font pression et obtiennent, pour la France, un laisser passer discrétionnaire qui pose des conditions d’ancienneté de la relation (avant covid), exige que la personne de nationalité étrangère doit être déjà venue en France (ce qui exclut de fait la plupart des personnes venant de certains pays à faible passeport) et ne permet pas de recours possible.
2021 : Le mouvement des Amoureux au ban public suit la mobilisation de couples attentivement. À partir d’avril 2021, le laisser passer est gelé. Au côté de couples Algérie-France séparés depuis plus d’un an, l’Association de soutien aux Amoureux au ban public mène une bataille juridique avec Maître Prigent près du Conseil d’État pour obtenir l’inscription du mariage comme motif impérieux permettant d’entrer en France. Le visa en vue de mariage binational est remis à l’honneur par la décision contentieuse n°450884, la décision complémentaire n°453113 et par la décision n°457726. C’est une immense victoire pour le mouvement. Autre point positif : l’usage de la visio se déploie et se confirme comme un outil précieux, à la fois pour les réunions au niveau européen, national et local et pour assurer les permanences pour les couples binationaux.
2022 : Blocage sanitaire ou politique ? Malgré la lente détente sur le front sanitaire et la réouverture des frontières, les remontées du terrain démontrent que l’obtention du visa mariage reste une utopie pour de nombreux couples binationaux. Reprise du collectif LINT avec son accord, la campagne Sans Valentin Sans Valentine est lancée le 14 février pour faire connaître avec humour la situation difficile des couples binationaux et des familles binationales encore séparées géographiquement.
2023 : Les couples binationaux doivent supporter un doute systématique de leur intention matrimoniale. Les régularisations sur le territoire français sont de plus en plus difficiles. Le Sénat et le gouvernement préparent la loi dite « Darmanin », et nos forces se concentrent sur le plaidoyer contre une loi imprégnée par des idées d’extrême-droite. Par ailleurs, la marque des Amoureux au ban public est déposée à l’Inpi le 29 mai 2023 : un acte qui marque une démarche de réorganisation interne qui nous permet d’avoir un réseau plus cohérent, avec une représentation de droit des collectifs et associations locales qui le constituent au sein de l’Association de soutien aux Amoureux au ban public, dotée de statuts ad hoc.
2024 : Au fil des années, nous mesurons l’écart qui grandit, au plus intime du couple, entre la personne de nationalité étrangère – précarisée, désignée comme dangereuse – et la personne de nationalité française – vue comme légitime. La promulgation de la loi le 26 janvier 2024, validée partiellement par le Conseil constitutionnel, acte un recul des droits inédit.
Le mouvement compte sept collectifs (Marseille – Strasbourg – Albi – Bergerac – Lille – Nantes), deux associations locales (Lyon – Montpellier), deux correspondantes (Amiens – Cherbourg-en-Cotentin) et une association nationale (l’Association de soutien aux Amoureux au ban public – ASABP). Vous croyez en la liberté d’aimer ? Rejoignez-nous !
